Sommaire de l'article
- Pourquoi le Cambodge est-il encore concerné par les mines en 2026 ?
- Les zones réellement concernées (et celles qui ne le sont pas)
- Reconnaître un panneau de zone minée
- Les règles de sécurité à suivre en zone rurale
- La situation à la frontière thaïlandaise en 2026
- Que faire en cas d’accident ou de suspicion de mine
- En résumé
Angkor, les plages de Koh Rong, les marchés de Phnom Penh : sur les itinéraires touristiques classiques, le risque de mine antipersonnel est nul. Mais dès qu’on sort des sentiers battus vers le nord-ouest du pays ou qu’on approche la frontière thaïlandaise, la question redevient légitime : le Cambodge reste l’un des pays les plus contaminés au monde par les mines et les munitions non explosées, un héritage de vingt ans de guerre civile. Ce guide fait le tri entre les zones réellement à risque et celles où cette inquiétude n’a pas lieu d’être, avec les règles concrètes à suivre si votre itinéraire s’aventure en dehors des routes principales.
Pourquoi le Cambodge est-il encore concerné par les mines en 2026 ?
Entre 1978 et 1998, le Cambodge a connu deux décennies de conflit quasi continu : l’occupation vietnamienne, la guérilla khmère rouge repliée dans le Nord-Ouest, puis les combats résiduels jusqu’à la reddition finale des derniers maquis en 1998-1999. Khmers rouges, armée vietnamienne et forces gouvernementales ont posé des millions de mines, principalement le long de l’ancienne ligne K5 qui longeait la frontière thaïlandaise, pour bloquer les mouvements de troupes et de réfugiés.
Depuis, des organisations comme le CMAC (Cambodian Mine Action Centre), HALO Trust ou APOPO (avec ses rats détecteurs) ont déminé des dizaines de milliers d’hectares, réduisant fortement le nombre de victimes civiles chaque année par rapport aux années 1990. Mais le travail est loin d’être terminé : plusieurs centaines de kilomètres carrés restent classés comme zones dangereuses connues, essentiellement dans les provinces du Nord-Ouest et le long de la frontière avec la Thaïlande.
Assurance voyage avec rapatriement
Indispensable pour tout itinéraire qui sort des sentiers touristiques classiques, en particulier vers le Nord-Ouest.
Les zones réellement concernées (et celles qui ne le sont pas)
C’est le point le plus important à retenir : la quasi-totalité d’un voyage classique au Cambodge se déroule dans des zones entièrement sécurisées, déminées depuis longtemps et parcourues chaque jour par des millions de visiteurs sans aucun incident.
Zones sans risque, y compris hors des sentiers battus :
- Angkor et ses environs, déminés en totalité entre 1990 et 2000
- Siem Reap, Phnom Penh et les grandes villes
- La côte sud : Sihanoukville, Kampot, Kep, Koh Rong, Koh Rong Samloem
- Les circuits d’écotourisme balisés des Cardamomes (Chi Phat, Tatai), où notre guide de la randonnée dans les Cardamomes détaille les sentiers encadrés par des guides communautaires formés
- Le Mékong et le Tonlé Sap
Zones à vigilance réelle, en particulier hors des routes principales et des villages :
- Pailin, ancien bastion khmer rouge jusqu’en 1998, l’une des provinces les plus minées du pays
- Battambang et sa campagne environnante, notamment au nord et à l’ouest de la ville, en dehors des routes goudronnées et des circuits touristiques balisés (temples de Wat Ek Phnom, colline de Phnom Sampov, marché de la ville même restant sans risque)
- Oddar Meanchey et Banteay Meanchey, provinces frontalières rurales
- Preah Vihear, en particulier les abords immédiats du temple disputé et des zones militaires proches de la frontière
- La bande frontalière avec la Thaïlande dans son ensemble, du Nord-Ouest jusqu’à l’est de Preah Vihear
Un repère simple : plus vous vous éloignez des routes principales et des villages actifs pour vous enfoncer dans une zone agricole abandonnée, une forêt claire ou un ancien no man’s land militaire dans ces provinces, plus la prudence doit augmenter. À l’inverse, un tuk-tuk sur la route entre Battambang et Siem Reap, ou une balade dans le centre historique de Battambang, ne présente aucun danger particulier.
Reconnaître un panneau de zone minée
Le CMAC et les ONG partenaires balisent systématiquement les zones dangereuses connues avec une signalétique standardisée qu’il faut savoir repérer :
- Panneaux rouges triangulaires ou rectangulaires, portant une tête de mort et la mention “DANGER MINES” en khmer et en anglais
- Rubalise rouge et blanche tendue autour du périmètre suspect
- Piquets rouges plantés au sol le long des sentiers de déminage en cours, délimitant la zone déjà vérifiée de celle qui ne l’est pas encore
- Dans certains villages du Nord-Ouest, des panneaux plus rudimentaires peints à la main, parfois en mauvais état, qui méritent le même respect qu’une signalétique officielle
La règle absolue : un panneau rouge, une rubalise ou une zone visiblement non entretenue en bordure de sentier balisé ne se contournent jamais pour gagner du temps, prendre un raccourci ou une photo. Le déminage progresse zone par zone et un terrain non encore certifié peut sembler identique à un champ inoffensif.
Randonnée encadrée dans les Cardamomes
Pour explorer la nature cambodgienne en toute sécurité, privilégiez un trek organisé avec guide local certifié.
Les règles de sécurité à suivre en zone rurale
Pour tout déplacement en dehors des grands axes et des zones touristiques établies, en particulier dans le Nord-Ouest :
- Ne jamais quitter les sentiers balisés ou les routes carrossables connues et fréquentées, même pour couper à travers une rizière ou une forêt claire d’apparence anodine
- Passer par un guide local ou un opérateur touristique reconnu dès qu’une randonnée ou une excursion sort des circuits standards, en particulier autour de Pailin ou de la campagne de Battambang
- Ne jamais toucher, déplacer ou ramasser un objet métallique trouvé au sol, même rouillé ou d’apparence inoffensive : munitions, éclats d’obus et mines peuvent rester actifs plusieurs décennies après avoir été posés
- Se renseigner localement avant de s’écarter d’un itinéraire prévu, les habitants et les hébergements connaissant généralement bien les zones encore signalées comme dangereuses autour de chez eux
- Éviter les vestiges militaires abandonnés (tranchées, bunkers, anciennes bases) qui attirent parfois les voyageurs curieux mais comptent parmi les zones les plus susceptibles de contenir des engins non explosés
En cas de doute ou de zone suspecte sans balisage visible : faire demi-tour en repassant exactement dans ses propres traces, ne jamais improviser un autre chemin de retour.
La situation à la frontière thaïlandaise en 2026

Le regain de tension entre le Cambodge et la Thaïlande depuis 2025, qui a conduit à la fermeture prolongée de la frontière terrestre, s’accompagne d’un risque accru dans la bande frontalière elle-même : des rapports font état de nouvelles mines posées dans certains secteurs disputés depuis le début du conflit, en plus du stock historique déjà présent. Concrètement, cela ne change rien pour un circuit touristique classique, qui ne s’approche jamais de cette frontière militarisée, mais cela renforce la consigne de ne prendre aucune initiative personnelle vers les zones frontalières du Nord-Ouest tant que la situation n’est pas stabilisée, même en simple curieux ou en scooter de location.
Hébergements à Battambang
La ville elle-même est totalement sûre : réservez un hébergement central pour explorer le centre historique et les alentours immédiats sans risque.
Que faire en cas d’accident ou de suspicion de mine
Si un objet suspect ou une zone visiblement non entretenue est repéré en dehors d’un sentier balisé, la conduite à tenir est simple et ne souffre aucune improvisation : ne pas avancer, ne toucher à rien, et revenir sur ses pas en posant les pieds exactement dans ses propres traces jusqu’à un terrain connu comme sûr. Prévenir immédiatement le guide, l’hébergement le plus proche ou la police touristique locale, qui sait généralement qui contacter (CMAC ou autorités locales) pour signaler une zone à vérifier.
En cas d’accident avéré, appeler le 119 (numéro d’ambulance au Cambodge) sans délai. Ne déplacer la victime que si c’est absolument nécessaire pour la mettre hors de portée d’un danger immédiat, le risque d’une seconde mine dans le même périmètre restant réel. C’est aussi la raison pour laquelle une assurance voyage couvrant le rapatriement sanitaire est une précaution à ne jamais négliger avant un circuit qui sort des routes principales, notamment vers le Nord-Ouest ou dans le cadre d’un road trip à Battambang et dans la région.
En résumé
Pour l’immense majorité des voyageurs, entre Angkor, Phnom Penh, la côte sud et les circuits d’écotourisme balisés, le risque de mine antipersonnel au Cambodge est nul. La vigilance ne concerne réellement que les zones rurales reculées du Nord-Ouest — Pailin, la campagne autour de Battambang, Oddar Meanchey, Banteay Meanchey et Preah Vihear — et la bande frontalière avec la Thaïlande, tendue depuis 2025. En respectant trois règles simples — rester sur les sentiers connus, passer par un guide dans ces provinces spécifiques, ne jamais toucher un objet métallique trouvé au sol — ce sujet, souvent source d’inquiétude avant le départ, ne doit pas empêcher d’explorer sereinement le reste du pays.
Questions fréquentes
Y a-t-il encore des mines antipersonnel au Cambodge en 2026 ?
Oui. Le Cambodge reste l'un des pays les plus pollués au monde par les mines et les restes explosifs de guerre, héritage de deux décennies de conflit entre 1978 et 1998. Le déminage a progressé énormément depuis les années 1990, notamment autour d'Angkor et des grands axes touristiques, mais des millions de mines et engins non explosés restent enfouis, surtout dans le nord-ouest du pays et le long de la frontière thaïlandaise. Le pays vise un objectif de déminage quasi complet, régulièrement repoussé faute de financement suffisant.
Les temples d'Angkor et les zones touristiques sont-ils dangereux ?
Non. Angkor a été entièrement déminé entre 1990 et 2000 et des millions de visiteurs le parcourent chaque année sans aucun risque. Il en va de même pour Phnom Penh, Siem Reap, la côte sud (Sihanoukville, Kep, Kampot, Koh Rong) et les grands itinéraires touristiques balisés. Le risque ne concerne pas les circuits classiques : il se limite aux zones rurales reculées, aux anciennes lignes de front et aux abords immédiats de la frontière avec la Thaïlande.
Quelles sont les provinces les plus concernées par les mines ?
Le nord-ouest concentre l'essentiel de la pollution résiduelle : Battambang, Pailin, Banteay Meanchey, Oddar Meanchey et Preah Vihear, régions qui ont servi de dernier bastion aux Khmers rouges jusqu'à la fin des années 1990. La bande frontalière avec la Thaïlande, du Nord-Ouest jusqu'à Preah Vihear, reste la zone la plus sensible, avec un risque additionnel depuis le conflit frontalier de 2025.
Comment reconnaître un panneau de zone minée au Cambodge ?
Le CMAC (Cambodian Mine Action Centre) et les ONG de déminage utilisent des panneaux rouges triangulaires ou rectangulaires portant une tête de mort et la mention 'DANGER MINES' en khmer et en anglais, parfois accompagnés de rubalise rouge et blanche. Ces panneaux délimitent des zones connues comme minées ou en cours de déminage : ils doivent toujours être pris au sérieux, jamais ignorés pour prendre un raccourci ou une photo.
Peut-on randonner dans les Cardamomes ou près de Battambang sans risque ?
Oui, à condition de rester sur les sentiers balisés et de passer par un opérateur reconnu. Les circuits d'écotourisme communautaire de Chi Phat, dans les Cardamomes, sont entièrement sécurisés et fréquentés par des guides formés localement. Pour les zones rurales du Nord-Ouest en revanche (Pailin, campagne autour de Battambang, abords de Preah Vihear), il est fortement déconseillé de s'aventurer hors des sentiers connus sans guide local, même pour un simple tour en vélo ou en scooter dans la campagne.
Que faire en cas de suspicion de zone minée ou d'accident ?
Ne jamais avancer, ne jamais toucher un objet métallique ou suspect au sol, et revenir exactement sur ses pas en posant les pieds dans ses propres traces. Prévenir immédiatement un guide local, l'hébergement le plus proche ou la police touristique. En cas d'accident, appeler le 119 (ambulance) et ne déplacer la victime qu'en dernier recours, le risque de mines secondaires dans la même zone étant réel. Une assurance voyage avec rapatriement sanitaire est indispensable avant tout déplacement en zone rurale reculée.