Sommaire de l'article
- Pourquoi explorer l’est du Cambodge ?
- Kampong Cham : la porte de l’est
- Kratie : les dauphins de l’Irrawaddy
- Les dauphins de Kampi
- Koh Trong : l’île du Mékong
- L’architecture coloniale de Kratie
- Mondulkiri : les hauts plateaux des éléphants
- L’Elephant Valley Project (EVP)
- Les cascades de Mondulkiri
- Les villages Bunong
- Ratanakiri : lacs de cratère et peuples des forêts
- Le lac Yeak Loam
- Le parc national de Virachey
- Les villages des peuples des forêts
- Comment organiser votre circuit dans l’est du Cambodge
- Pratique : l’est du Cambodge en chiffres
L’est du Cambodge est la face cachée d’un pays qui ne montre habituellement que ses temples. Ici, ni foule devant Angkor ni tuk-tuk à l’assaut des rues coloniales : seulement le Mékong qui roule ses eaux lentes, des dauphins d’eau douce qui émergent à l’aube, des hauts plateaux couverts de forêts primaires et des communautés indigènes dont les traditions remontent à des siècles. Si vous cherchez le Cambodge d’avant le tourisme de masse, vous le trouverez ici.
Pourquoi explorer l’est du Cambodge ?
Cette région — qui s’étend de Kampong Cham à la frontière laotienne, et des plaines du Mékong aux hauts plateaux de Mondulkiri et Ratanakiri — est la moins fréquentée du pays. C’est aussi, pour beaucoup de voyageurs qui y ont mis le pied, la plus mémorable.
Les raisons de s’y aventurer :
- Observer des dauphins de l’Irrawaddy (espèce en danger critique) dans le Mékong, près de Kratie
- Se baigner dans le lac de cratère volcanique Yeak Loam à Ratanakiri
- Vivre une expérience éthique avec les éléphants en semi-liberté à Mondulkiri
- Rencontrer les peuples autochtones Bunong, Tampuan, Kreung et Brao dans leurs villages
- Explorer des forêts primaires quasi intactes dans le parc national de Virachey
- Parcourir les rives du Mékong à vélo entre Kampong Cham et Kratie
Cette partie du Cambodge s’adresse aux voyageurs curieux, patients, qui préfèrent les expériences authentiques aux circuits formatés.
Kampong Cham : la porte de l’est

À environ 120 km au nord-est de Phnom Penh (environ 2h de bus), Kampong Cham est souvent la première étape des voyageurs qui s’aventurent vers l’est. Ville de taille moyenne posée au bord du Mékong, elle offre une atmosphère décontractée et plusieurs sites intéressants.
Le pont de bambou (saisonnier) : Chaque année, pendant la saison sèche, des villageois construisent à la main un pont de bambou de plusieurs centaines de mètres pour relier la rive à l’île de Koh Paen. Cette construction artisanale, démontée avant les crues, est un symbole de l’ingéniosité locale. La traversée à pied ou à vélo est l’expérience signature de Kampong Cham.
Wat Nokor : À quelques kilomètres au nord de la ville, ce temple angkorien du XIe siècle est l’un des mieux préservés de la région. Contrairement aux temples d’Angkor pris d’assaut par les touristes, Wat Nokor reçoit peu de visiteurs étrangers. Un wat bouddhiste moderne a été construit dans l’enceinte même du temple ancien, créant un mélange de passé et de présent profondément cambodgien.
Phnom Pros et Phnom Srei : Ces deux collines (la Colline de l’Homme et la Colline de la Femme) dominent la plaine au sud de Kampong Cham. Des pagodes les couronnent et la vue sur le Mékong depuis leurs sommets est panoramique. La légende qui les unit — une compétition de construction entre hommes et femmes pour décider qui gouvernerait — est racontée par tout guide local.
Hôtels à Kampong Cham et Kratie
Guesthouses au bord du Mékong, auberges et hôtels de charme dans l’est du Cambodge.
Kratie : les dauphins de l’Irrawaddy
Kratie (prononcé “Kratié” ou parfois “Kratié”) est la ville cambodgienne la plus emblématique de l’est du Mékong. À environ 220 km au nord-est de Phnom Penh, elle est le point de départ incontournable pour observer les rares dauphins de l’Irrawaddy (Orcaella brevirostris).
Les dauphins de Kampi
Le pool de Kampi, un bras profond du Mékong situé à environ 15 km au nord de Kratie, abrite l’une des dernières populations de dauphins de l’Irrawaddy au monde. Cette espèce d’eau douce, dont il resterait moins de 90 individus dans cette portion du Mékong cambodgien selon WWF, est en danger critique d’extinction.
Les excursions en barque à moteur partent chaque matin depuis Kratie vers le pool de Kampi. Les dauphins — trapu, au front arrondi, sans rostre marqué — émergent régulièrement à la surface pour respirer. Observer ces cétacés dans leur milieu naturel, dans le calme d’une aube sur le Mékong, est une expérience profondément différente de tout aquarium ou parc animalier.
Infos pratiques pour l’observation :
- Départ depuis l’embarcadère de Kratie en tuk-tuk (environ 15 km)
- Meilleure heure : tôt le matin (avant 9h) ou en fin d’après-midi
- Durée de l’excursion en bateau : environ 1h
- L’observation n’est pas garantie mais le taux de réussite est élevé en saison sèche
Koh Trong : l’île du Mékong
Face à Kratie, l’île de Koh Trong est accessible en quelques minutes de bac. Cette île de plusieurs kilomètres de long, habitée par une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs, est parcourue par une piste de latérite idéale pour le vélo. Pas de voiture, peu de touristes : vous y découvrirez la vie rurale cambodgienne à son rythme le plus lent. Des guesthouses y ont ouvert, pour ceux qui veulent s’y attarder.
L’architecture coloniale de Kratie
Le centre de Kratie conserve un bel ensemble de villas coloniales françaises du début du XXe siècle. Le marché central et la promenade le long du Mékong en font une ville agréable à parcourir à pied. L’atmosphère est provinciale et accueillante — très différente de la fébrilité de Siem Reap.
Excursions dans l’est du Cambodge
Croisières dauphins, trekking en forêt, villages d’artisans — réservez vos activités.
Mondulkiri : les hauts plateaux des éléphants

À environ 370 km à l’est de Phnom Penh (environ 5-6h de bus via Sen Monorom), le Mondulkiri est la plus grande province du Cambodge et la moins densément peuplée. Les hauts plateaux ondulent entre 500 et 1 000 mètres d’altitude, couverts de forêts de pins — un paysage totalement inattendu dans un pays que l’on imagine souvent plat et tropical.
Sen Monorom est la capitale de province, un bourg tranquille à l’atmosphère de village de montagne. Les matinées y sont fraîches (parfois 15°C en décembre-janvier), le ciel dégagé et l’air pur. C’est la base idéale pour toutes les excursions dans la région.
L’Elephant Valley Project (EVP)
L’Elephant Valley Project est un sanctuaire éthique qui accueille des éléphants anciennement exploités (travail forestier, tourisme équestre). Dans ce cadre de forêt et de collines, les éléphants vivent en semi-liberté, sans contact forcé avec les visiteurs.
La journée type à l’EVP consiste à suivre les éléphants dans leur environnement naturel — les observer se nourrir, se baigner dans la rivière — sans jamais monter sur leur dos ni les forcer à interagir. L’équipe de l’EVP, en partenariat avec la communauté Bunong locale (dont les mahouts traditionnels gardent une relation ancestrale avec les éléphants), fait un travail exemplaire de réhabilitation et de conservation.
Si vous devez choisir une expérience éléphant au Cambodge, choisissez celle-là.
Les cascades de Mondulkiri
La forêt de Mondulkiri est traversée de nombreuses cascades, particulièrement impressionnantes pendant et après la saison des pluies. Les cascades de Bou Sra (environ 43 km de Sen Monorom) sont parmi les plus spectaculaires du Cambodge : deux chutes successives de plusieurs dizaines de mètres dans un cadre de forêt vierge. En saison sèche, le débit est moindre mais l’accès à pied jusqu’au bas des chutes est plus facile.
Les villages Bunong
Les Bunong sont le peuple autochtone majoritaire du Mondulkiri. Leur culture, leurs pratiques agricoles (culture sur brûlis traditionnelle) et leur relation avec les éléphants sauvages sont d’une richesse exceptionnelle. Plusieurs organisations locales proposent des visites respectueuses dans des villages Bunong, avec des guides communautaires qui partagent leur mode de vie, leur médecine traditionnelle à base de plantes et leurs savoir-faire artisanaux. Ces visites, conduites dans le respect, sont une des expériences les plus enrichissantes de l’est cambodgien.
Ratanakiri : lacs de cratère et peuples des forêts
Ratanakiri est la province la plus sauvage et la plus reculée du Cambodge. Aux confins du Laos et du Vietnam, elle abrite des forêts primaires, des villages de minorités ethniques et le lac de cratère volcanique de Yeak Loam — l’un des plus beaux sites naturels du pays.
Ban Lung est la capitale de province, accessible depuis Phnom Penh par bus (environ 9-10h) ou par un vol intérieur (environ 1h). La ville est rustique, poussiéreuse en saison sèche et boueuse en saison des pluies, mais son authenticité et son atmosphère de bout-du-monde lui confèrent un charme particulier.
Le lac Yeak Loam
Ce lac de cratère volcanique, situé à environ 5 km de Ban Lung, est le joyau naturel de Ratanakiri. Parfaitement circulaire, profond et d’un bleu-vert limpide, il est entouré d’une forêt dense habitée par de nombreux oiseaux et singes. L’eau est douce et chaude — idéale pour la baignade.
Le lac est géré par la communauté Tampuan, qui perçoit les droits d’entrée pour financer des projets communautaires. Un sentier forestier fait le tour complet du lac en environ 1h30. Des abris traditionnels permettent de se reposer à l’ombre. C’est un lieu de quiétude absolue, loin de toute agitation.
Vols vers Phnom Penh ou Ban Lung
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Le parc national de Virachey
Virachey est le plus grand parc national du Cambodge (environ 3 325 km²), aux frontières du Laos et du Vietnam. La forêt y est quasi vierge, avec une biodiversité exceptionnelle : éléphants sauvages, gaurs (buffles sauvages d’Asie), leopards, ours malais et une avifaune exceptionnelle. L’accès se fait obligatoirement avec un guide agréé par le parc (disponible à Ban Lung). Les treks de plusieurs jours, avec nuit en forêt ou dans des villages de minorités, sont une expérience inoubliable pour les voyageurs en quête de wilderness.
Les villages des peuples des forêts
Ratanakiri abrite plusieurs groupes autochtones — Tampuan, Kreung, Brao, Jarai — qui vivent dans des villages disséminés dans la forêt. Leurs maisons sur pilotis, leurs maisons funéraires (sculptures sur bois), leurs rituels et leur artisanat (tissage, vannerie, bijoux en perles) représentent un patrimoine culturel d’une grande richesse. Le tourisme communautaire organisé par des agences locales responsables permet de découvrir ces cultures dans le respect mutuel.
Comment organiser votre circuit dans l’est du Cambodge
L’est du Cambodge demande plus de temps et d’organisation que les circuits classiques. Voici quelques schémas d’itinéraires selon la durée de votre séjour.
Option 1 : 3-4 jours — Le Mékong essentiel Phnom Penh → Kampong Cham (1 nuit) → Kratie (2 nuits) → retour Phnom Penh. Idéal pour voir les dauphins et l’architecture coloniale sans trop s’éloigner.
Option 2 : 6-7 jours — Mékong et hauts plateaux Phnom Penh → Kampong Cham (1 nuit) → Kratie (2 nuits) → Sen Monorom/Mondulkiri (2-3 nuits) → retour Phnom Penh. Un circuit qui associe le fleuve à la montagne.
Option 3 : 10-12 jours — Grand circuit de l’est Phnom Penh → Kampong Cham → Kratie → Stung Treng → Ban Lung/Ratanakiri (vol retour Phnom Penh ou bus). Le tour complet de la région pour les voyageurs ayant du temps.
Pour intégrer l’est du Cambodge dans un circuit plus large, consultez notre guide du circuit complet au Cambodge et notre itinéraire 10 jours au Cambodge.
Pratique : l’est du Cambodge en chiffres
Comment rejoindre la région :
- Kampong Cham : Bus depuis Phnom Penh (environ 2h, 5-8 USD)
- Kratie : Bus depuis Phnom Penh (environ 5-6h, 8-12 USD) ou depuis Kampong Cham (environ 3h)
- Sen Monorom (Mondulkiri) : Bus depuis Phnom Penh (environ 5-6h, 10-15 USD)
- Ban Lung (Ratanakiri) : Bus depuis Phnom Penh (environ 9-10h, 12-18 USD) ou vol intérieur (environ 1h)
Transports sur place : Les motos-taxis (moto-dops) et les tuk-tuk sont les moyens de transport usuels dans les villes. En dehors, louer un scooter (environ 8-15 USD/jour) est la meilleure option pour explorer à votre rythme. Certaines pistes de Ratanakiri nécessitent une moto robuste ou un 4x4.
Budget indicatif : Comptez 30-50 USD/jour pour un voyage confortable (hébergement en guesthouse ou hôtel simple, repas locaux, un transport par jour). L’Elephant Valley Project et certaines excursions en forêt représentent un budget spécifique (réservation directe conseillée).
Hébergement : L’offre est plus limitée que dans les grandes villes touristiques mais suffisante pour voyager confortablement. Kratie, Sen Monorom et Ban Lung ont des guesthouses et des auberges au bord du Mékong ou dans la forêt. Réservez à l’avance en haute saison (décembre-janvier).
Santé et précautions : La région est classée zone à risque paludéen (surtout dans les forêts de Mondulkiri et Ratanakiri). Une prophylaxie antipaludéenne est recommandée si vous prévoyez des nuits en zones forestières reculées. Consultez votre médecin avant le départ. L’eau du robinet n’est pas potable — boire uniquement de l’eau en bouteille.
Pour tout ce qui concerne les formalités d’entrée, l’assurance et la santé, lisez notre guide visa et formalités pour le Cambodge.
L’est du Cambodge ne se laisse pas résumer en quelques photos. C’est un espace de lenteur, d’immensité et d’authenticité qui récompense ceux qui prennent le temps de s’y immerger. Dauphins au lever du soleil sur le Mékong, lac de cratère bleu dans la forêt, éléphants libres dans les collines de Mondulkiri : ces images-là ne ressemblent à rien d’autre au Cambodge, ni en Asie du Sud-Est. Si vous cherchez à aller au-delà des sentiers battus, l’est vous attend.
Questions fréquentes
Comment se rendre dans l'est du Cambodge depuis Phnom Penh ?
Depuis Phnom Penh, des bus réguliers desservent Kampong Cham (environ 2h), Kratie (environ 5-6h) et Stung Treng (environ 7-8h). Pour Mondulkiri (Sen Monorom), comptez 5-6h de bus. Ratanakiri (Ban Lung) est la plus éloignée : environ 9-10h de bus ou un vol intérieur depuis Phnom Penh avec Bassaka Air ou Cambodia Angkor Air (1h environ). Les routes de la région principale sont asphaltées mais des pistes de latérite subsistent vers les zones plus reculées.
Peut-on observer les dauphins de l'Irrawaddy à Kratie toute l'année ?
Les dauphins de l'Irrawaddy sont visibles toute l'année au pool de Kampi, à environ 15 km au nord de Kratie. La meilleure période est la saison sèche (novembre à avril), quand le niveau du Mékong est bas et les dauphins se concentrent dans les fosses profondes. En saison des pluies, ils se dispersent davantage dans le fleuve. Les excursions en bateau partent chaque matin depuis Kratie.
Le lac Yeak Loam à Ratanakiri vaut-il le déplacement ?
Absolument. Ce lac de cratère volcanique, parfaitement circulaire (environ 800 mètres de diamètre), est l'un des sites naturels les plus impressionnants du Cambodge. L'eau, d'un bleu-vert profond, est cristalline et idéale pour la baignade. Le lac est géré par la communauté Tampuan locale. Un chemin de randonnée fait le tour complet du lac en 1h30 environ. L'entrée est autour de 5 USD.
Quand est-il conseillé de visiter l'est du Cambodge ?
La saison sèche, de novembre à avril, est la meilleure période. Les pistes de latérite vers les villages sont praticables, les cascades des hauts plateaux sont accessibles, et la chaleur est plus supportable. La saison des pluies (mai-octobre) rend certaines pistes impraticables mais les forêts sont d'une beauté luxuriante et le Mékong est impressionnant en crue. Évitez juillet-août pour les zones très reculées.
Comment voir les éléphants éthiquement dans le Mondulkiri ?
L'Elephant Valley Project (EVP), situé près de Sen Monorom, est une référence mondiale en matière d'éthique animalière. Les éléphants y vivent en semi-liberté sans aucun contact forcé ni spectacles. Les visiteurs observent les éléphants dans leur environnement naturel, participent à la préparation de leur alimentation et se baignent dans la rivière à leurs côtés (sans montée sur le dos). Réservez plusieurs semaines à l'avance en haute saison.
L'est du Cambodge est-il adapté aux voyageurs indépendants ?
Oui, mais il faut planifier davantage qu'à Siem Reap ou Phnom Penh. Kratie et Ban Lung (Ratanakiri) ont une infrastructure touristique correcte avec des guesthouses, des restaurants et des agences locales. Sen Monorom (Mondulkiri) est plus rustique mais parfaitement accessible. Pour les zones vraiment reculées (villages de minorités, Virachey), un guide local est indispensable et recommandé, à la fois pour la logistique et pour le respect des communautés.